Lorsque le partenariat entre le jeu d’horreur asymétrique Dead by Daylight et la franchise Silent Hill a été annoncé le 26 mai, je ne peux pas dire que j’aie été surpris, car il s’agissait après tout de l’une des franchises qui seraient le plus probablement choisies parmi toutes celles qui s’offraient au studio BHVR. Et pourtant, bien que j’aie déjà entendu parler de Silent Hill en bien à plusieurs reprises, et que son contenu semble plutôt effrayant (l’affiche du film me procurait quand même une légère sensation de malaise), je me suis rendu compte que je ne connaissais strictement rien de son univers, pas même un bref résumé ; si ce n'est le personnage de Pyramid Head que j’avais aperçu lorsque les premières théories concernant le nouveau chapitre de Dead by Daylight était apparues. Et finalement, le trailer de ce même chapitre a fini par me convaincre… Le tueur à l’apparence imposante et déstabilisante (oui, parce que ce cher monsieur a quand même, comme le nom « Pyramid Head » l’indique, une pyramide sur la tête), une ambiance sombre et intrigante… Je devais regarder Silent Hill.

Affiche du film         Bien évidemment, je ne suis pas sans savoir que ce film est « simplement » une adaptation d’une saga de jeux vidéo du même nom, qui sont très certainement encore mieux construits que celui-ci. Cependant, ne possédant pas les précédentes générations de PlayStation (ni les dernières, d’ailleurs), le film m’a paru être un choix plus intéressant pour découvrir cet univers rapidement. J’essayerai de faire un parallèle avec le peu que je connais des jeux, mais mes propos les concernant resteront limités.

        Ainsi, le film commence par une scène de nuit, durant laquelle deux parents cherchent leur fille, Sharon, qui a disparu. Ils la retrouvent rapidement au bord d’une chute ; le spectateur adopte alors le point de vue de celle-ci, qui a des visions pour le moins… étranges, et crie qu’elle veut retourner chez elle, à Silent Hill. Lors d’une conversation que ses parents auront quelques minutes plus tard, on apprendra que Sharon a été adoptée sans que l’on ne sache vraiment d’où elle vient, et que ce n’est pas la première fois qu’elle souffre de ce genre de crise de somnambulisme ; sa mère décide de l’emmener visiter la ville qu’elle ne cesse de mentionner. Évidemment, il s’agit là d’une grossière erreur…

Sharon, après sa crise de somnambulisme, et sa mère
        Rose, la mère de Sharon, réalise que la ville n’est pas facile d’accès, car tous ceux qu’elle rencontre lui disent qu’elle n’existe plus sur les cartes et que les routes qui y mènent sont bloquées ; certains lui déconseillent même de s’y rendre. Lorsqu’elle s’arrête dans une station et est prise en chasse par une policière qui pense qu’elle est une kidnappeuse, elle décide de foncer à toute allure vers la ville, défonçant l’énorme portail qui en défend l’entrée ; quelques secondes plus tard, elle est victime d’un accident, et à son réveil, les ennuis commencent…

        Je vais poursuivre cette critique en tâchant d’interrompre mon résumé linéaire de l’histoire ici. Le premier point que je souhaiterais aborder, c’est cette ambiance particulière qui pèse autour de la ville, et qui m’a paru très intéressante. En effet, en dehors de l’apparence qu’elle a aux yeux de tous, elle constitue son propre monde, similaire aux limbes ; elle est entourée d’un brouillard épais, et regorge de monstrueuses créatures. Le seul moyen d’entrer dans ces limbes semble être de s’endormir, et de se réveiller dans la ville ; être victime d’un accident, comme Rose, peut alors être considéré comme un moyen plus brutal d’y entrer. On peut alors supposer que si tous les habitants de Silent Hill se sont retrouvés dans ce monde, c’est parce qu’ils ont perdu connaissance au moment où la catastrophe dont ils sont à l’origine est arrivée. Ainsi, toute personne qui visite simplement la ville sans y perdre connaissance n’est pas confrontée aux mêmes horreurs que dans les limbes : pour eux, elle est simplement détruite, et légèrement glauque ; certaines choses peuvent tout de même être perçues entre les deux mondes, comme la présence de Rose que son mari ressent pendant le film.

À l’entrée de la ville, le brouillard est tellement épais qu’on ne voit pas à plus de dix mètres
        Toujours concernant l’ambiance, j’ai trouvé passionnante l’alternance entre les deux versions des limbes : celle que j’appellerai « la Brume », et les Ténèbres. En effet, la première version est, comme je l’ai dit précédemment, dominée par le brouillard, et aussi par la neige. Si des créatures dangereuses peuvent y apparaître de temps à autre, ce n’est rien comparé aux Ténèbres, dont la venue est signalée par de bruyantes sirènes, ainsi que la décomposition de certains murs, puis évidemment par l’assombrissement complet de la ville. Dans cette version, le fameux Pyramid Head est roi, et compte bien s’emparer de quiconque croise son passage. De nombreuses autres créatures horribles prennent vie, probablement à son service, peut-être même certaines de ses victimes. Et il est exactement comme le laissait penser le trailer du nouveau chapitre de Dead by Daylight (encore heureux, ceci-dit !) : imposant, puissant, effrayant… il se déplace lentement en traînant derrière lui sa gigantesque épée dans un bruit de frottement métallique assourdissant. Et pourtant, et c’est une chose qui manque pour moi dans ce film, on ne sait rien sur lui. D’où vient-il ? Pourquoi veut-il massacrer les habitants de Silent Hill ? Et qui est-il vraiment, d’ailleurs ? Un ancien habitant déchu ? Ou un démon, comme les personnages l’appellent ? Mais je ne veux pas non plus être mauvaise langue, car il me semble que ces informations sont données dans le second film (Silent Hill: Revelation), que je regarderai plus tard. Pour faire un petit parallèle avec les jeux, je crois savoir que Pyramid Head n’a pas du tout le même rôle dans les films, où il est en quelque sorte un simple bourreau, que dans les jeux où il est censé être une version déformée d’un des personnages principaux, et dans lesquels il prend plaisir à torturer les autres créatures des Ténèbres. Son importance est donc plus ou moins réduite dans ce film, ou du moins c’est ce que je pense.

Pyramid Head, accompagné de quelques-unes de ses horribles créatures
        Concernant la manière dont le film se déroule et la pression qu’il impose : j’ai trouvé que la tension était bien maintenue tout au long du film (on nous donne un peu de répit, mais il faut toujours s’attendre à ce que ça reparte d’un coup !), et que les révélations sont faites en temps voulu, c’est-à-dire que l’on a quelques éléments qui nous sont donnés en cours de route, nous laissant établir des pistes de recherche, et la réponse à l’intrigue principale nous est apportée à la fin. Pour ce qui est du reste (histoire des antagonistes, et notamment de Pyramid Head donc), je m’attends, comme dit précédemment, à l’apprendre dans le deuxième film. Certaines scènes ont parfois tendance à être un poil gores, surtout à la fin, mais rien de traumatisant d’après moi (et pourtant, j’ai beaucoup de mal avec ce genre). Les différentes créatures sont plus immondes les unes que les autres, et on redoute chaque apparition de Pyramid Head, pourtant peu nombreuses.

        Et pour finir, mon avis sur cette intrigue principale et la révélation finale, justement (sans spoil, promis). Je dois dire que les explications sont assez impressionnantes ! On fait référence à des choses finalement assez fréquentes dans les films d’horreur, comme la religion / le culte, les enfants avec des pouvoirs, mais les scénaristes du film (et ceux des jeux, à la base, forcément) ont réussi à en faire quelque chose de spécial et qui m’a beaucoup plu, en justifiant certaines d’entre elles par des évènements réalistes : harcèlement, violence… En résumé, ce film donne, en un peu plus de deux heures, un bon aperçu de l’univers de Silent Hill à ceux qui, comme moi, ne le connaîtraient pas (il rassemble des éléments des deux ou trois premiers jeux, si ne me trompe pas). Et dans mon cas, il m’a donné envie de le découvrir plus en détails !

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