Sans un bruit est un film réalisé par John Krasinski sorti en juin 2018. Considéré comme un film d’horreur, celui-ci paraît tout de même plus comme un drame ponctué de quelques scènes horrifiques, mais surtout énormément de tension.

Affiche du film

        La scène d’introduction plonge immédiatement le spectateur au cœur des évènements tragiques qui ont secoué les États-Unis entiers (et peut-être même plus, mais l’information ne nous est pas explicitement révélée), dans un monde où il ne faut surtout pas faire le moindre bruit. Plusieurs personnes sont dans un supermarché délabré, à la recherche de quelques ressources. Ils communiquent en langage des signes, et évitent le plus possible de faire du bruit. Cependant, lorsque le plus jeune de tous, un enfant (Cade Woodward), tombe nez à nez avec un jouet bruyant, ses parents (Emily Blunt et John Krasinski) refusent de le lui donner, car, celui-ci étant électronique, il fera du bruit aussitôt qu’il sera allumé. Sa sœur (Millicent Simmonds), voyant sa déception, accepte de lui donner le jouet discrètement une fois que tout le monde est parti du magasin, en ayant bien pris soin d’en retirer les piles. Elle le devance alors sans vérifier ce qu’il fait : grave erreur. Il récupère le jouet ainsi que les piles et, un peu plus tard, alors que la famille est sur le chemin du retour et qu’il se trouve loin derrière eux, il active le jouet qui émet un bruit infernal. Une créature géante arrive à toute vitesse… et l’inévitable se produit.



        L’histoire reprend un an plus tard : on remarque que la famille communique en langage des signes, et évite autant que possible de faire le moindre bruit. Pas étonnant, puisque comme le montre la scène d’introduction quelques secondes plus tôt, le bruit attire les créatures dont tous les journaux parlent (ou plutôt ont parlé) à une distance phénoménale. On comprend également, grâce à ces mêmes extraits de journaux qui nous sont montrés, que ces créatures sont arrivées du jour au lendemain sans aucune raison particulière (et l’explication ne nous sera d’ailleurs jamais donnée) et qu’elles ont tout décimé sur leur passage : quand la population a compris le danger que représentaient les créatures et comment tenter de le contrer, il était déjà trop tard. Ainsi, la famille autour de laquelle est centrée l’histoire est parmi les seuls survivants, et elle compte bien rester en vie ; à ces fins, de nombreux écrans de télévisions reliés à des caméras sont par exemple installés dans leur sous-sol.



        Comme on peut le voir d’après les tableaux, les créatures, au nombre minimum de trois, et bien qu’aveugles, entendent à des kilomètres de distance, et semblent posséder une « armure naturelle » qui les rendrait invincibles. C’est donc pourquoi toutes les actions se déroulent dans le silence le plus total (dîner, travail, et autres activités diverses) : cette famille vit dans une peur constante de produire le moindre grincement, la moindre chute... Car n’importe quel son pourrait très bien marquer la fin.

        Dans ce film, les personnages n’ont en fait pas de but particulier, si ce n’est survivre à leur environnement. Cependant, l’arrivée de plusieurs évènements plus au moins au même moment va tout chambouler. En effet, les personnages vont au début du film attirer quelque peu l’attention des créatures en faisant tomber quelques objets au sol, les incitant à resserrer la « zone de danger » autour de leur maison. Par la suite, lorsque Marcus (le fils) et son père partent en excursion et que Megan (la sœur) doit rester à l’abri, celle-ci désapprouve cette décision et décide de partir. Ainsi, alors que tous sont séparés, Evelyn (la mère) est alors sur le point d’accoucher et doit à tout prix rester silencieuse et discrète, ce qu’elle n’arrivera bien évidemment pas à faire. Les créatures pénètreront donc dans la maison, à la recherche de la moindre source de bruit (et il y en aura !).

        À présent, abordons le côté un peu plus technique du film : j’ai trouvé que celui-ci était particulièrement réussi puisqu’au lieu de s’orienter vers un film d’horreur « classique », il choisit plutôt le domaine du suspens, dans lequel il excelle. Ainsi, si vous pourrez y trouver quelques screamers (mais pas plus de deux ou trois), vous serez surtout effrayé par la proximité des créatures dans certaines scènes, les détails que vous remarquerez mais pas les personnages (mouvement en arrière-plan, clou arraché sur une marche d’escalier) et qui seront annonciateurs des évènements à suivre...

        De plus, le choix a été fait par le réalisateur de ne pas nous révéler -du moins explicitement-, quand, comment et où sont apparues les créatures, afin de conserver une ambiance pesante tout au long de l’histoire. En effet, leur aspect horrifique (gigantesques pattes, pas de visage, crâne qui s’ouvre pour révéler des dents extrêmement pointues ainsi qu’une énorme oreille à l’aspect organique particulièrement répugnant...) couplé à l’inconnu concernant leur origine résulte en une peur indescriptible de leur arrivée, et plus généralement de leur présence.



        À noter également que ce film joue énormément sur le silence qui y pèse tout au long : le but est bien évidemment de vous habituer à une ambiance « calme » pour mieux vous surprendre par la suite ! Mais ce n’est pas tout, vos émotions propres pourraient également être mises en jeu...

        Pour conclure, j’aimerais vraiment vous conseiller ce film car je l’ai trouvé particulièrement intéressant et fort en suspens et en émotions. Il pourrait d’ailleurs être comparé au film Alien, le huitième passager car, comme dans celui-ci, plus que l’horreur provoquée par les créatures, en quelque sorte similaires physiquement à l'alien, c’est leur présence qui est vraiment crainte.

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