⚠ AVERTISSEMENT ⚠
Cette critique contient du spoil. Ne la lisez pas si vous n'avez pas vu ce film et que vous souhaitez le voir !


        Get Out est un film réalisé par Jordan Peele sorti en mai 2017. C’est un film d’horreur axé sur le racisme : ici, pas de poupée maléfique ou de clown tueur… seulement une ambiance (très) malsaine.

Affiche du film         Le film commence avec une intro qui nous plonge directement dans l’action : un homme noir marche dans la rue et semble chercher le chemin à suivre : « Elle m’a dit de tourner à gauche ici », dit-il. C’est alors qu’une voiture passe à côté de lui pour faire demi-tour et ralentir de plus en plus jusqu’à s’arrêter à son niveau. L’homme essaye de garder son calme mais c’est trop tard : il est endormi et kidnappé (et là apparaît le premier « screamer » de Get Out).

        Cette scène d’ouverture est intéressante puisqu’elle définit clairement le cadre et le thème du film. En revanche, elle en dit – du moins à mes yeux – justement trop long sur l’intrigue et plus particulièrement sur Rose (Allison Williams). En effet, quelques minutes plus tard, nous faisons la connaissance de Chris (Daniel Kaluuya), de couleur de peau noire également, qui s’apprête à rencontrer pour la première fois les parents de sa petite amie Rose et qui craint la réaction de ceux-ci face à sa couleur de peau. Celui-ci va rapidement se rendre compte que des choses étranges se passent dans la maison – personne n’a l’air dans son « état normal ». Tous ces éléments m’ont automatiquement fait associer « Elle », mentionné par le personnage dans l’intro, à Rose, et j’ai également associé les deux situations ensemble ; ce qui a éveillé ma méfiance envers cette fille dès le quasi-début. Mais le film parvient tout de même à rattraper son erreur plus tard, et nous allons en reparler juste après.

        Le film est principalement un thriller et non pas un film d’horreur « pur » ; il se base donc sur l’aspect psychologique et plus particulièrement le malaise que peut ressentir le spectateur face à ce qu’il voit. Ainsi, on retrouvera des personnages aux comportements perturbants – notamment les propos qu’ils tiennent, des scènes et des plans sans réel sens (je pense notamment à celle où le jardinier (Marcus Henderson) fonce vers Chris et change brusquement de direction alors qu’il arrive juste en face de lui – et le tout en pleine nuit) ainsi qu’une sensation de piège et de mensonge permanents.



        Les personnages les plus effrayants, ceux qui mettent le spectateur le plus mal à l’aise, sont à mon sens ceux de la mère de Rose (Catherine Keener) et la cuisinière (Betty Gabriel) – ainsi que, peut-être, celui de Logan (Lakeith Stanfield), l’invité à la réunion. Après tout, il représente l’élément révélateur d’une bonne partie du scénario.

        La mère de Rose, d’abord : elle surprend Chris revenant du jardin en pleine nuit et l’invite à s’asseoir. Elle lui demande si celui-ci souhaite se faire hypnotiser afin de perdre définitivement son envie de fumer. Il refuse, bien évidemment. Mais elle se met tout de même à lui poser des questions de plus en plus étranges sur sa vie passée, tout en remuant sa cuillère dans sa tasse à café, ce qui a pour effet de créer un son plutôt perturbant. Elle en vient à faire revivre à Chris l’accident de sa propre mère et à le priver de toute réaction, l’enfermant dans un état second, ce qu’elle appelle le « Gouffre de l’Oubli ». Plus tard, elle continuera à user de son pouvoir d’hypnose, et le résultat sera toujours aussi peu rassurant…



        En ce qui concerne la cuisinière, elle paraît dérangée et inquiétante dès la toute première rencontre faite avec elle, puisqu’elle observe Chris longtemps, sans dire un mot. Dans beaucoup d’autres scènes, elle joue le rôle de screamer, et celui qui m’a fait le plus peur est sans aucun doute celui où elle passe au fond du couloir, le tout accompagné d’un petit son strident, histoire d’être sûr que vous sursautiez ! Mais la scène la plus perturbante où elle joue un rôle est sans aucun doute celle qui se déroule dans la chambre, et où elle s’approche lentement de Chris, l’observant fixement puis se mettant à sourire, voire à rire, tandis que des larmes se mettent à couler sur son visage.



        En ce qui concerne le fond de l’histoire, son explication (et donc la fin du film), je l’ai trouvée terrifiante. D’abord, même si Rose semble pouvoir être inculpée dès le début du film, le doute subsiste toujours car c’est la seule à se comporter normalement. Une fois que Chris trouve l’album avec toutes les photos des petits amis de celle-ci, on pense que tous les soupçons sont levés et qu’on peut directement la déclarer coupable ; pourtant, elle paraît tellement sincère durant les quelques minutes qui suivent où elle « cherche ses clés de voiture » qu’on en vient à remettre sa culpabilité en question en se demandant si elle n’est pas elle-même victime de l’hypnose de sa mère – ou quoi que ce soit de semblable. Bien sûr, le doute ne subsiste plus très longtemps à ce stade de l’intrigue.

        Mais ce sont les dernières dizaines de minutes du film que j’ai vraiment trouvé les moins supportables (pas dans le sens péjoratif mais bien en ce sens qu’elles étaient oppressantes). Chris est enfermé dans le sous-sol de la maison et attaché à une chaise, face à une télévision qui lui transmet des images de temps à autre. Il entre à un moment en contact avec un homme aveugle qui lui exprime… son souhait de posséder son corps pour voir à nouveau. Puis les préparatifs de l’opération commencent. Un transfert de cerveau ! Tous ces gens, le jardinier, la cuisinière, Logan, n’étaient pas « simplement » hypnotisés par la mère de Rose comme je le pensais, mais leur cerveau avait été remplacé par celui d’un autre ! La quête de l’immortalité, encore et toujours…

        Et là, tous les éléments, toutes les scènes jusqu’ici incompréhensibles de Get Out prennent alors tout leur sens (mis à part celle du jardinier que je trouve toujours aussi étrange) : une partie du cerveau des victimes devait être conservée afin que les « fonctionnalités motrices » puissent toujours être utilisées. Ainsi, la « vraie » personnalité des victimes était toujours présente dans le « Gouffre de l’Oubli » et voyait toujours à travers les yeux de leur « nouvel hôte ». Bien qu’ils ne puissent pas parler, certaines choses leur sont parfois possibles, comme pleurer… ce que fait la cuisinière face à Chris tandis que la personne qui se trouve dans son corps – la grand-mère de Rose, vous me suivez ? tente de rattraper le coup tant bien que mal.

        De même, lorsque Chris prend Logan en photo lors de la réunion, il déclenche le flash de son téléphone et réveille la véritable conscience de celui-ci. C’est pourquoi il lui hurle de s’en aller avant qu’il soit trop tard, il tente de le convaincre avant que quelqu’un d’autre – et nous ne savons pas qui, cette fois-ci – reprenne le contrôle de son corps.



        J’ai ensuite remarqué un détail très intéressant, à savoir l’énorme cicatrice qui entoure la tête des victimes et témoigne de l’opération effectuée. Sur chaque personnage, elle est, jusqu’à la fin du film, masquée par quelque chose : la casquette du jardinier, les cheveux de la cuisinière, le chapeau de Logan…

        Sur le plan technique, les prises de vue sont excellentes et la musique joue pour beaucoup dans l’ambiance oppressante que le film souhaite instaurer. Et beaucoup de petits détails sont dispersés dans la plupart des scènes afin de permettre au spectateur de deviner ce qui se trame réellement chez la famille Armitage… à condition d’avoir l’œil et d’user de sa capacité à réfléchir.

Bilan et avis


        J’ai trouvé que Get Out était un excellent film se basant sur un sujet difficile à traiter qu’est le racisme (surtout pour un film d’horreur) et qui a su mélanger tous les éléments qui constituent une ambiance malsaine et pesante : screamers, psychologie, gore… tout y est passé. L’explication finale est très recherchée et nous fait détester la famille de Rose et son entourage pour leur hypocrisie et leur folie, jusqu’à ressentir une certaine satisfaction lorsque chacun d’eux meurt finalement. Un excellent film, donc, mais que je déconseille cependant aux plus sensibles.

Toutes les images appartiennent à Universal Pictures et ne sont utilisées qu'à des fins d'illustrations explicatives. Tous droits réservés.

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Commentaires (1)

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LittleRoosiie(France)a écrit...

La critique est assez bien écrite et spoil bien comme il faut le film ! Enfin, cela permet d'avoir un aperçu du film sans trop en savoir finalement... ce qui est plutôt pas mal on va dire ! L'ajout de GIFs et d'images rend la critique attrayante et forcément, donne envie de lire. Voilà voilà !

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