Ayant récemment découvert la série Dark, et ayant beaucoup apprécié cette dernière, presque trois ans après sa sortie, j’ai donc décidé d’en faire une critique. Celle-ci ne portera que sur la première saison, n’ayant pas vu la deuxième au moment de sa rédaction (c’est désormais chose faite !), et ce afin de ne pas avoir trop d’éléments à prendre en compte.

Affiche de la série         Le scénario de base de cette première saison se déroule donc en 2019, après la disparition d’un garçon, Erik, dont personne n’a de nouvelles ni ne sait où il se trouve (c’est le principe d’une disparition, vous me direz). Lorsqu’un groupe d’adolescents décide de chercher des indices pouvant les aider à résoudre ce mystère et s’aventure vers les grottes de la petite ville de Winden, Mikkel, le cadet de la famille Nielsen, disparaît à son tour. Par la suite, de plus en plus d’évènements étranges ont lieu (oiseaux qui tombent du ciel, arrêts cardiaques de troupeaux de bêtes, …). En plus de tout cela, la centrale nucléaire de la ville semble également être impliquée dans des manigances et des affaires louches.

Les grottes de Winden sont au centre de l’histoire
        Alors oui, à ce stade de l’histoire, on a quand même fortement tendance à vouloir établir un parallèle avec Stranger Things, car beaucoup d’éléments coïncident entre les deux séries : la disparition d’un enfant dans les deux cas, les grottes avec les sous-terrain du monde à l’envers, le rôle de la centrale avec celui du laboratoire d’Hawkins, l’impact sur l’environnement… Et pourtant, le scénario de Dark prend rapidement une toute autre tournure : ici, pas de dimension parallèle, mais bel et bien du voyage dans le temps, ainsi qu’une ambiance que je tendrais personnellement à considérer comme beaucoup plus sombre (ce n’est pas pour rien que la série s’appelle Dark, ceci-dit...). Ainsi, les personnages découvriront rapidement qu’il leur est possible de voyager dans le temps, en suivant un cycle de 33 ans. Dans la première saison, les deux périodes qu’ils visiteront seront 1986 et 1953, puisque, pour rappel, l’intrigue principale se déroule en 2019. Et toute l’histoire tournera autour de deux idéologies opposées : si certains feront tout pour retrouver les enfants disparus et identifier les responsables des évènements à Winden, un petit groupe d’individus cherchera à pousser les expériences de plus en plus loin, quelles qu’en soient les conséquences…

        Les différents personnages constituent un aspect extrêmement important de la série, et plus particulièrement leurs « variantes » dans les différentes époques. Il est ainsi amusant de chercher à deviner quel adulte actuel correspond à quel enfant du passé ; et pour ceux qui n’arriveraient pas à le comprendre suffisamment rapidement, une scène révèle les « correspondances » au bout d’un certain nombre d’épisodes. Cependant, la plupart des associations se fait aisément, puisque les faciès sont plutôt semblables, et le caractère, la personnalité restent les mêmes en fonction des époques.

Un exemple concret est celui d’Ulrich, père de la famille Nielsen, dans le passé et le présent
        Et même au-delà de leur simple apparence, chaque personnage a son caractère qui lui est propre, et une histoire qui se dévoile au fil des épisodes… Si certains sont prêts à aider les autres, à tout faire pour s’intégrer, d’autres peuvent être de véritables traîtres dont l’affection que nous pouvons leur porter ne fera que s’amoindrir, jusqu’à les détester ; et ce caractère peut également permettre de les identifier dans plusieurs époques.

        Revenons à présent sur l’aspect sombre de la série, que j’ai évoqué juste avant, et que je trouve vraiment réussi (et heureusement, car c’est tout de même le but de cette dernière !) : l’histoire est passionnante et intrigante à la fois, le mystère qui plane sur Winden est bien mis en avant et les explications sont données à un rythme raisonnable, nous laissant tout le temps d’établir des théories avant que les informations nous soient révélées, sans qu’elles le soient non plus trop tardivement (encore que...). De plus, l’aura de certains personnages est également mystérieuse, voire même effrayante, dans la mesure où l’on ne dispose que de peu d’informations les concernant, si ce n’est, pour quelques-uns d’entre eux, qu’ils sont mauvais ; je pense notamment à Noah, qui semble bien, du moins dans cette première saison, être le grand méchant de l’histoire et dont chaque apparition (ou évocation) est marquée par un effet sonore des plus perturbants, alors que l’on ne connaît que son implication dans des crimes et sa vocation malsaine à un culte étrange. Rapidement, puisque je viens d’évoquer les effets sonores, je tiens à mentionner le fait que Dark regorge de ces derniers, ainsi que de musiques qui s’accordent parfaitement à l’ambiance, renforcent le sentiment de tension et contribuent au développement des émotions au fil de l’intrigue. Le catalogue musical regroupe lui-même deux périodes, à savoir les années 80 et l’époque contemporaine. Ainsi, on pourra aussi bien y retrouver des classiques comme « You Spin Me Round (Like a Record) » du groupe Dead Or Alive que des morceaux plus récents comme « Familiär » d’Agnes Obel ; et tous sont excellents !

        On passe à la partie avertissement ? Oui, parce que vous le savez, avec moi, il y en a toujours une... Non, en fait, première chose, il ne s’agit pas d’une série d’horreur, bien que le premier épisode puisse le laisser penser, puisqu’il comprend des apparitions, des cauchemars... bref. Mais dès l’épisode suivant, tout cela disparaît et laisse place à un bon vieux thriller, dont l’ambiance devient tout de même de plus en plus effrayante, et ce jusqu’à la fin de la saison. Attention cependant, certaines scènes peuvent heurter les plus sensibles, puisque l’on peut voir des visages à moitié « brûlés » ou assister à l’ouverture d’un crâne de mouton, ou bien même à un passage qui risque de déplaire aux claustrophobes !

La série peut comprendre quelques images perturbantes ; rien de bien méchant tout de même (l'image n'est PAS un spoil !)
        Pour finir, j’estime que le thème du voyage dans le temps, bien que très complexifié ici puisque toutes les informations sont mélangées, réparties dans plusieurs périodes, et que les répercussions sont entre-mêlées (le passé influe sur le futur tout comme le futur influe sur le passé !), est maîtrisé à la perfection ; les scénaristes ont dû complètement se retourner le cerveau, car il n’y a pas la moindre incohérence, et toutes les informations et actions coïncident entre elles, chose qui semble pourtant impossible étant donné la nature de ces dernières (exemple basique, le fait que Mikkel soit le père de Jonas, alors qu’il s’agit d’un enfant en 2019, ou encore que plusieurs versions d’une même personne cohabitent à une même époque !).

        Ainsi, je conseillerais Dark à toute personne friande de science-fiction et de thrillers, et/ou ayant aimé Stranger Things. La série réussit son objectif, à savoir nous plonger dans une ambiance sombre et passionnante, avec brio, et nous donne toujours envie d’en apprendre plus sur la suite de l’histoire, et d’explorer son univers plus en profondeur ; de plus, elle soulève également la problématique de l’usage des voyages dans le temps : on pourra ainsi entendre, dans la deuxième saison, qu’il « s’agit de la plus grande découverte de l’humanité, mais aussi ce qui l’a menée à sa perte »... Une potentielle mise en garde pour le futur (lointain) ? Je vous invite donc à regarder vous-même cette série aussi bien émouvante que prenante, et à me dire ce que vous en avez pensé.

        Sic mundus creatus est.

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